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Opéra de Bordeaux

Place de la Comédie, 33000 Bordeaux.

 

 

 
  Roméo et Juliette

Opéra en cinq actes de Charles Gounod

Jouée à l'Opéra de Bordeaux
du 24 mars au 7 avril 2000

© Frédéric Desmesure
Direction Musicale   Jonathan Darlington
Mise en scène Sandrine Anglade
Décors Giulio Achilli
Costumes Philippe Binot
Maître d'armes François Rostain
Chef des Coeurs Jacques Blanc
 
 

Avec

Juliette
 
Norah Amsellem
Stéphano Claire Larcher
Gertrude Marie-Thérèse Keller
Roméo Matthew Polenzani
Tybalt Alain Gabriel
Benvolvio Pierre Guillou
Mercutio David Grousset
Pâris Bernard Auzimour
Grégorio David Ortega
Capulet Jean-Philippe Marlière
Frère Laurent   Fernand Bernardi
Le Duc   Constantin Ghircau
Frère Jean   Bernard Mansencal
et l'Orchestre National Bordeaux Aquitaine.

Critique d'Antoine Livio - Grand Théâtre de bordeaux.

Je n'ai jamais eu une grande passion pour cette version de Roméo, dans laquelle pourtant Gounod a versé tant d'exquises mélodies, mais contrairement à Berlioz et même à Prokofiev, il y a une grande dichotomie entre la sauvagerie de certaines scènes et la joliesse de l'écriture musicale.
Pourtant je ne puis bouder mon plaisir devant le travail réalisé à Bordeaux par la jeune équipe de production. D'abord parce que Jonathan Darlington a su gommer un peu de cette délicatesse mélodique pour la transformer, grâce à sa fougue gestuelle, en une espèce de musique de film de cape et d'épée. Ensuite parce que Sandrine Anglade, qui aborde là sa première grande mise en scène lyrique importante, a tenté de mettre en pratique tout ce que ses maîtres, Andrei Serban et Jean-Pierre Miquel lui ont appris. Et sa grande réussite du final de l'acte III avec les morts successives de Mercutio et de Tybalt, puis le bannissement de Roméo prouve qu'on est en droit d'attendre beaucoup de cette jeune femme. Mais il y a surtout le décor tubulaire de Giulio Achilli qui est d'une invention folle et d'un impact réel sur l'action.
Enfin la prestation ahurissante, et vocale et physique, de Matthew Polenzani (Roméo) entraîne toute la distribution dans une action à un train d'enfer, d'autant plus qu'il a en face de lui un Tybalt exceptionnel (Alain Gabriel). Je n'en dirai pas autant de Norah Amsellem, dont la voix est presque celle de Juliette, si l'on excepte quelques aigus forcés, mais dont le physique la rapproche plus de la nourrice que de la frêle adolescente.
Les rôles secondaires, si essentiels pour l'action et importants en nombre, sont admirablement distribués et tenus par une troupe réelle que l'on trouve soudée derrière ce fabuleux Roméo. Il faut retenir son nom qui brille déjà d'un éclat certain au fronton du Met !